diptyque rend hommage à l’Orphéon

Ecrit par Cédric Chamoulaud
En 1961 commençait l’aventure diptyque à Saint-Germain, dans le Quartier dit Latin, coeur de la vie artistique, nocturne et intellectuelle de Paris. Plus vraiment l’après-guerre, pas encore mai 68, on vite au rythme des nuits blanches dans les clubs de jazz dans lesquels on devise sur le monde, on danse, on rit. L’Orphéon était l’un de ces bars à l’effervescence joyeuse où les fondateurs de diptyque aimaient se retrouver.
A cette époque-là, le boulevard Saint-Germain et ses rues adjacentes comptaient de nombreux lieux aussi célèbres les uns que les autres où l’on pouvait croiser des personnalités comme Boris Vian, Albert Camus ou Roger Vadim. Ces archipels, comme on les appelait à l’époque, étaient connus sur les noms de la Rose rouge, le Caveau de la Huchette, le Tabou, le Montana, le Méphisto et bien sûr l’Orphéon, littéralement collé à la boutique diptyque, que les trois fondateurs rachetèrent afin d’agrandir leur espace et dont le seul vestige est une colonne bleue à facettes que l’on peut encore aujourd’hui voir à l’intérieur même du numéro 34 du boulevard.
C’est à ce club qui vivait, mezza voce, de huit heures du soir à huit heures du matin, que la Maison diptyque à voulu rendre hommage avec ce parfum avec cette création imaginée comme un songe olfactif puisque personne désormais n’a la mémoire des lieux. Le parfumeur Olivier Pescheux s’est donc laissé allé à un jus frais, floral, sensuel et boisé, non genré puisque les parfums des femmes s’y mêlaient à ceux des dandys souvent dragueurs. Des baies de genièvre avec une touche de citron et de mandarine évoquent les vapeurs du gin fiz tandis que les accents âpres du lentisque et du labdanum rappelent les nuages de tabac qui flottaient dans l’air. Un trio cèdre, vétiver et patchouli pour les tables, le bar et autres meubles patinés. Le sillage musqué ambré des artistes contraste avec celui de leurs muses dans un mélange jasmin, ylang-ylang, magnolia et rose. Sans oublier la chaleur de la fève tonka réhaussée de benjoin vanillé et d’ambroxan pour l’addiction.
Orphéon, diptyque
135 € les 75 ml
www.diptyqueparis.com
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